FilmCinérama — Danny Plotnick’s Serenade

Milieu des années 1980, Ann Arbor, Michigan. Un sale gosse imprégné de culture DIY empoigne une caméra Super 8 et filme des courts pour pas un rond. Le 16 mm? C’est mieux, mais c’est trop cher. Plotnick se fout de l’appréciation négative que suscite ce support rudimentaire: l’important, c’est de tourner. 1987, départ pour San Francisco. Il enchaîne les films drôles et vulgaires, projette dans des bars, traverse les Etats-Unis et l’Europe ses bobines sous le bras. Arrivée du grunge. La scène indé est en ébullition, mais le ciné underground se borne à des choses relativement «sérieuses». Les auteurs du style de Plotnick ne sont acceptés que dans quelques festivals comme les New York ou Chicago Underground Film Festival. 1996, il sort «I’m Not Fascinating», pamphlet chips-amère de la scène musicale indé (remasterisé en HD 7.1 cette année), avant que son «Pillow Talk» ne connaisse les honneurs du MoMA. En collectionneur de films bizarres, il entasse dans sa cave des bobines ramassées dans les poubelles des ghettos avant d’en tirer d’étranges compilations. Mondo Edutainment serait l’une d’elles.