Compétition internationale longs métrages

LUFF 2016–Film–Longs métrages
Musique: Altar of Flies (Jeudi 20.10.16), Yasunao Tone (Mercredi 19.10.16). Montage: Aline Bonvin.



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Cat Sick Blues

Dave Jackson, 2015, Australie
HD, anglais (st. français), 101’
phantasmesvideo.com

Parce qu’il a perdu son chat, un homme sombre dans la dépression et se mue en serial killer vêtu d’un pullover rouge, d’une patte de chat aux griffes acérées, et d’un masque de félin aux yeux trop mignons. Une nouvelle romance avec Claire, cette jeune femme dévastée par la perte de son chat à elle, pourrait-elle lui permettre de retrouver la sérénité ? Sous ses airs de slasher puéril, « Cat Sick Blues » dissimule une perle vénéneuse. Comme une réaction outrageusement brutale et étonnamment trash à la mode des lol-cat et autres #kikou-teubé, le film du jeune Dave Jackson gratte sournoisement là où ça démange.

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The Eye’s Dream

Gankyû no yume
Hisayazu Satô, 2016, Japon/Etats-Unis
HD, japonais (st. anglais-français), 102’

C’est la rencontre entre le Dr. Sata, neurologiste spécialisé dans le phénomène « des membres fantômes » perçu par les personnes ayant subi une amputation, et de Maya, photographe obsédée par l’œil humain depuis qu’elle énucléa l’homme qui tenta de l’enlever. Retour au LUFF du vétéran du pinku eiga Hisayazu Satô. Si son « Hana-Dama », présenté en 2014, s’était avéré moins personnel que nombre de ses précédents efforts, « The Eye’s Dream » marque un retour à l’érotisme politico-subversif qui l’a fait connaître. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la production fut motivée par la rencontre de Satô avec les ethnologues Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel, auteurs du documentaire « Leviathan » primé à Locarno en 2012.

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Wild

Nicolette Krebitz, 2016, Allemagne
HD, allemand (st. français-anglais), 97’

Une jeune informaticienne esseulée vivant dans l’appartement de son grand-père mourant voit sa vie basculer après sa rencontre avec un loup en milieu urbain. Sous ses allures initiales de drame social, « Wild » nous emmène doucement vers un retour à l’état sauvage dont nous avons peut-être tous besoin, et transcende les attentes d’un public peu préparé. Terriblement troublant, le film de la comédienne Nicolette Krebitz (« Der Tunnel », Roland Suso Richter, 2001) est une variation aussi efficace que radicale sur les thèmes abordés dans le « Into the Wild » de Sean Penn, tout en étant débarrassée des lourdeurs et morales de ce dernier.

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The Eyes of My Mother

Nicolas Pesce, 2016, Etats-Unis
HD, anglais (st. français), 76’

Au plus profond de la campagne américaine, la jeune Francisca voit son quotidien bousculé quand un psychopathe sorti de nulle part asassine brutalement sa mère au sein de la demeure familiale. Impossible d’en dire plus sans nuire au récit. Tourné dans un noir et blanc somptueux par le très jeune (26 ans) scénariste-réalisateur-monteur Nicolas Pesce, le film plonge en apnée dans les abîmes tortueuses de la solitude et ne lâche prise à aucun moment.



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Tabloid Vivant

Kyle Broom, 2015, Etats-Unis
HD, anglais (st. français), 105’

Il est sans doute naturel que tout artiste cherche à transcender les techniques dont il dispose. Lorsque Maximilien Klinkau est amené à dépasser les siennes, il fait appel à la critique d’art Sara Speed. Leur rencontre devient le moteur d’une nouvelle forme d’expression artistique aux conséquences potentiellement dangereuses. Comparable à nul autre film, « Tabloid Vivant » est décrit comme un thriller artistique par certaines journalistes comme s’il s’agissait là d’un sous-genre en devenir. Le premier long métrage de Kyle Broom est en effet inclassable, il semble ancré dans la réalité mais s’avère profondément surréaliste, il est un film de genre mais n’en respecte aucun code. « Tabloid Vivant » désarçonne, et ce n’est là que l’une de ses nombreuses qualités

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Jury

Michael Rosen
Berlin, Allemagne
Curateur

Sylvie Fleury
Genève, Suisse
Artiste

Alex Diehl
Rotterdam, Pays-Bas
Curateur